Maman est rentrée hier soir de Suède, je dormais. Mais ce matin, c’est elle qui entre dans ma chambre en première, suivie de Célya vers 8h. Je suis d’humeur moyenne. On se prépare et on descend toutes les trois pour déjeuner. Nous sommes en plein dans les valises, Maman et moi partons rejoindre Papa dans le Sud de la France pour quelques jours.
Le taxi arrive vers 10h30. Au moment de faire un bisou à Célya qui reste en Angleterre pour réviser ses examens, je m’aperçois qu’elle ne vient pas avec nous! Et là, c’est le drame! Je voulais qu’elle vienne moi! Je pleure pour la faire céder mais elle m’embrasse très fort, me dit qu’elle m’aime et Maman me serre dans ses bras et m’explique que tout ira bien. Je reverrai Célya dans quelques jours.
Le taxi part en direction de London-Heathrow, Maman me chante des chansons tout le long du trajet. La route a été très facile, pas trop de voitures, pas de bouchons, nous arrivons à l’aéroport un peu avant 11h.
A l’enregistrement Air France, nous sommes acceptées au comptoir business car l’hôtesse me trouve très gentille et me fait passer devant tout le monde. Je la gratifie de mon plus beau sourire, le voyage s’annonce bien. Je suis une adorable petite fille, je m’émerveille devant les trésors que renferme l’aéroport. Les gens parlent toutes les langues, tout le monde est super sympa avec moi, forcement leur gentillesse m’encourage à bien me conduire. Maman est très fière.
Nous passons le filtre de sécurité, c’est un peu plus difficile, je dois même enlever mes chaussures, et Maman goûter mes petits pots. Nous attendons longtemps parce que les agents testent le contenu de mon sac et de celui de Maman, tout y passe le Blackberry, l’ordinateur, l’appareil photo, tous mes biberons, les petits pots… Mais par contre, le couteau suisse de mon sac à langer, personne ne l’a remarqué. C’est un peu embêtant d’attendre mais les agents sont très sympas avec nous et pendant que Maman leur détaille le contenu des sacs et teste mon lait et mon eau, ils jouent avec moi. Il est déjà plus de midi, nous nous attablons en attendant le vol. Maman passe devant une boutique de jouets et m’offre une petite dînette pour que je puisse faire manger ma poupée dans l’avion. L’embarquement se passe très vite et très bien, seule ombre au tableau, Maman ne pourra pas garder la poussette à Paris, elle nous attendra à Montpellier. J’appréhende déjà les 3h d’attente à l’aéroport Roissy-CDG, il va falloir que je marche.
Le vol Londres-Paris passe en un éclair, comme à mon habitude j’amuse la galerie. Nous arrivons à Paris à l’heure à l’aérogare 2F et devons nous rendre au 2D, nous avons bien le temps, il n’est pas 16h et notre prochain avion décolle à 18h45. Je ne fais rien pour aider Maman, elle a deux gros sacs et je pleure tout de même pour qu’elle me prenne dans ses bras, elle me fait comprendre qu’il va falloir collaborer sinon l’attente va être très longue pour nous deux.
Je ne veux pas critiquer la France mais nous sommes attristées de voir le peu de service à l’aéroport de Roissy-CDG. A Londres, tout le monde voulait nous aider à porter nos sacs, à Paris les gens, et en particulier le personnel au sol d’Air France, essaie de ne pas croiser nos regards de peur que Maman ou moi leur demandions de l’aide. Maman est furieuse, elle finit par se demander pourquoi nous n’avons pas choisi British Airways.
Nous passons à nouveau le filtre de sécurité (mon couteau suisse aussi), il est 17h. En attendant l’embarquement je goûte et joue dans l’espace enfant à l’intérieur du terminal. C’est basique mais très sympa, je me fais même un petit copain, Jules. Sa Maman, son Au-Pair et lui partent à Malaga pour la semaine. Elles sont très gentilles, veulent me donner des bonbons mais Maman refuse poliment, elles finissent à tomber d’accord sur un morceau de pain. Je les remercie de leur gentillesse en leur donnant un bisou. Je continue de jouer avec Jules jusqu’à 18h15.
C’est à ce moment qu’Air-France nous annonce que notre avion aura au moins 1h30 de retard (ce retard s’allongera quelques minutes plus tard et nous finirons par décoller à 22h). Je commence à fatiguer, à pleurer, à demander les bras. Maman va voir les hôtesses au sol pour leur demander une nacelle ou une petite poussette pour que je puisse me reposer un peu. Je ne sais pas si c’est le stress ou autre chose mais elles répondent à Maman : « Nous ne sommes pas là pour ça », sous-entendant même que si elle avait choisi de voyager seule avec un enfant c’était son problème. Un autre passager entend cela, prend la défense de Maman et ça chauffe un peu ce qui n’arrange rien. Le gentil passager nous laisse nous asseoir sur le banc, lui et sa femme sont au petits soin pour nous, ils trouvent que je suis très sage vu la situation. Ce sont eux qui nous aideront à embarquer, ils portent les sacs de Maman et veillent à ce que nous soyons bien installées.

Il est 21h30, le commandant de bord attend l’autorisation de décoller, les hôtesses de l’air nous réconcilient avec Air France, ce sont des anges, elles m’offrent même deux petites peluches. Ce ne sera pas la seule surprise du vol, Maman et moi avons l’honneur de faire le trajet avec des gens connus. Nous sommes assis à coté des membres de Officina Zoé, un groupe folklorique italien, très connu dans le Sud de l’Italie (Puglia), ils sont sur le chemin pour donner un concert à Sète. Ils m’apprennent plein de nouvelles bêtises, comme jeter ma sucette dans l’avion pour que les gens me la ramassent et me font réviser mes bruits d’animaux. Bref de vrais italiens comme on les aime, adorables et plein de soleil. Ils ont illuminés mon vol.
Il est un peu plus de 23h lorsque nous arrivons enfin à Montpellier avec 3h de retard sur l’horaire prévu, j’ai voyagé 12h. La prochaine fois promis, nous voyagerons avec British Airways, Easy jet ou Ryanair mais surtout pas avec Air France. Je ne peux pas leur reprocher le retard du à la mauvaise météo, mais ils ont été tellement peu aimables en France que Maman en a presque pleuré, et ça j’aurai du mal à leur pardonner. 23h30, je dis au revoir à mes italiens qui me font plein de sourires et accueille le visage familier de mon Papa avec soulagement.
Pendant cette journée, Papa était lui depuis la veille chez ses parents à Saint-Maximin-la-Sainte-Beaume. Il a également été donné quelques nouvelles (et quelques photos) de moi aux petites sœurs qui ont organisé mon baptême il y a presque un an (cliquez ici pour les photos). Il est ensuite parti vers Combaillaux, chez nos amis qui nous accueille cette nuit.
C’est une très longue journée, je finis par m’endormir dans la voiture, avant d’arriver chez Carole, Marc et leur fils Noé. Je laisse à Maman le soin de leur conter mes aventures, je m’endors paisiblement vers minuit. Rédactrice : AN (Aurélia, ma Maman).
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